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Creascopie
Qui sont les créateurs ? |
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| Enquête
créateurs - 4ème partie : les entrepreneurs de la nouvelle économie
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On savait que, sept
fois sur dix, le créateur d'entreprise était de sexe
masculin. La tendance se renforce encore en ce qui concerne les
start-up : celles-ci sont créées par des hommes dans
97% des cas, selon la dernière étude
de l'APCE. |
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Que ce soit dans l'ancienne ou la nouvelle économie, c'est à peu près
au même âge que les créateurs se lancent (37 ans). Mais avec une différence
de taille : le parcours antérieur, et en particulier le niveau d'études. Celui
du créateur de start-up est beaucoup plus élevé que celui des autres
entrepreneurs, la plupart ayant acquis une formation solide, dans une
université, une école de commerce ou d'ingénieurs. Rappelons que, en revanche,
56% des créateurs traditionnels ont un niveau inférieur au Bac. Dans les
écoles de commerce ou d'ingénieurs, beaucoup d'étudiants ont créé des start-up
avant même d'être diplômés.
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Le parcours professionnel est
également distinct. L'entrepreneur classique est un ancien chômeur dans
35% des cas (derniers chiffres INSEE), tandis que le créateur de start-up est en majorité ancien cadre supérieur
ou cadre dirigeant (60%), ayant fait carrière dans l'industrie ou
l'informatique.
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L'origine familiale est aussi plus
caractéristique chez ces nouveaux créateurs : ils sont pour la plupart issus
d'un milieu aisé, avec des parents cadres supérieurs, dirigeants de PME-PMI,
ou encore exerçant une profession libérale. Issus d'un milieu privilégié, ils évoquent
en outre souvent la famille ou les amis comme soutien important à la création.
Soutien financier en particulier car, dans 56% des cas, leur apport financier
de départ est personnel. |
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Nouvelle
économie, nouveaux créateurs
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Rien d'étonnant à
ce que les créateurs de start-up soient plus diplômés
que la moyenne, lorsque l'on sait que 85,4% de ces entreprises
utilisent les nouvelles technologies, dans des activités
telles qu'Internet, les biotechnologies ou l'informatique.
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Par ailleurs, les nouveaux
entrepreneurs ne travaillent pas de la même façon que les "anciens" : leurs
objectifs ont changé. Ainsi, beaucoup de start-up connaissant des taux de
croissance exceptionnels, de plus de 100% pour près de la moitié d'entre elles,
l'introduction en bourse fait souvent partie de leurs objectifs. Dans certains
cas, les start-up ne sont même créées qu'en tant qu'activités parallèles,
avec pour seul but de réaliser des bénéfices en les revendant... avant de se
lancer dans un nouveau projet. Un excès que les corrections boursières de ces
derniers mois ont néanmoins tempéré largement.
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Nouveau cadre, donc, mais aussi
nouvelles contraintes. Les créateurs de start-up doivent souvent s'adapter
à un contexte plus dur, et moins sécurisant. Les créateurs ont tendance à
travailler encore plus longtemps tout au long de la semaine... et à n'être parfois payés que
le SMIC pendant plusieurs années. Ce milieu ne valorise plus autant les
diplômes et l'expérience (qui sont communs aux créateurs) que l'audace
(qui seule les distingue).
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C'est tout le monde de la création
d'entreprise qui est ainsi en train de changer. D'ailleurs, la législation
(qui n'autorise pas par exemple les journées de travail à rallonge) a beaucoup
à faire avec les start-up, qui se créent sous des formes beaucoup moins
bien définies que par le passé.
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Des
pratiques bien à eux
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Le monde de la start-up
a ses rites et ses règles, et bien fin celui qui s'y retrouve
avant d'y avoir été initié. Pourtant, si
cette nouvelle vague de créateurs a tout d'abord essayé
de se démarquer radicalement des pratiques du passé, c'est un certain retour à
l'orthodoxie qui prévaut actuellement.
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Le cadre de travail lui-même est
modifié : ainsi, les locaux de Spray sont aménagés en forme de navire, et
meublés avec des canapés design et une cuisine collective où l'on peut se
faire des petits plats. Le nouveau créateur joue beaucoup sur l'image qu'il
renvoie...
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D'ailleurs, qui ne connaît les First
Tuesday ? Ces soirées, dont on s'est un temps arraché les cartons d'invitation, réunissent
porteurs de projets, investisseurs et journalistes, dans un immense bal
d'échange de cartes de visite et de promesses. Réunissant toujours plus de
participants, ces manifestations ont été une caricature de la start-up : beaucoup d'argent
levé en très peu de temps.
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Au milieu de ces nouvelles
pratiques, beaucoup reviennent très vite de leurs illusions, que ce soit
le projet qui tombe à l'eau (60% des jeunes entreprises qui ont levé des
fonds ont fait faillite), le nouveau mode de vie qui devient lassant... ou
encore qu'une entreprise "traditionnelle" leur a fait une offre
alléchante. On constate en effet que les grandes entreprises sont friandes de
ceux qui ont tenté l'expérience de la start-up, et qui, après avoir été
hypnotisés par ces bombes de petites firmes, se rendent compte qu'il ne
s'agit finalement que d'entreprises comme les autres, avec souvent moins
d'avantages que les autres. Peu hésitent donc à retrouver tailleurs et costumes
classiques.
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Si le créateur de
start-up est un entrepreneur un peu à part, caractérisé
par l'aspect mode et aventure de ce nouveau monde, l'entrepreneur classique
a encore de beaux jours devant lui. Car au-delà des rites
et des modes, un fondateur de start-up restera toujours un créateur
d'entreprise.
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Véronique MISTYCKI jeudi 09 novembre 2000 |
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On a d'abord cru que le monde de
la start-up n'était constitué que de prodiges de l'informatique,
vivant scotchés à leur écran. Mais si le jeune génie qui jongle avec des
millions face à son ordinateur existe bel et bien, il ne représente pas la
majorité des créateurs. Le phénomène le plus répandu est en effet la
reconversion de cadres de quarante à cinquante ans dans ce genre d'activités.
Ceux-ci sont prêts à laisser tomber hauts salaires, confort et sécurité,
pour se lancer dans cette aventure, y entraînant femme et enfants. Un cap
qui n'est pas toujours facile à franchir, car il faudra réapprendre à
préparer soi-même le café du matin ! Les start-up, et surtout leurs
investisseurs et les banquiers, apprécient ces gens plus expérimentés,
pour consolider des équipes plutôt jeunes. |
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