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La course des banques d'images
 
   

Contrairement à une idée reçue, le véritable enjeu des banques d'images en ligne n'est plus d'accumuler des stocks photos impressionnants. Désormais, les règles du jeu imposent des recherches d'images plus sophistiquées que par le passé. Face à ce nouvel impératif technologique, les grandes maisons ne réagissent pas de la même manière. Petite présentation.
"Les moteurs de recherche propres aux sites d'images on-line fonctionnent par mots-clefs", explique d'entrée de jeu Olivier Jacquin, directeur informatique chez Global Photo. "L'inconvénient d'un tel système, c'est qu'on se heurte très vite à un flux d'informations trop élevé".
Trop générique, le terme indiqué fournira ainsi un nombre de liens trop important ; à l'inverse, une recherche excessivement pointue, fournira bien souvent une "info" également trop pointue. Au total, de moins en moins de personnes parviennent à maîtriser leur fond d'images. Alors même que la recherche est stratégique pour les banques d'images en ligne. Le nerf de la guerre réside donc plus que jamais dans l'ingéniosité du classement et du référencement.
Sur sa home page, Getty Images, spécialiste de la photo libre de droits sur Internet, annonce la couleur : présentation foisonnante sur un côté de l'écran, termes techniques de l'autre... L'heure est à la technologie dynamique. Si Getty est l'une des deux plus importantes banques mondiales d'images, la société de Jonathan Klein compte également s'affirmer dans la vente de contenus variés (audio, jeux interactifs...).
La firme britannique tente de s'imposer comme leader dans son domaine : elle dispose déjà de la base client de iSyndicate.com. Ce dernier compte actuellement plus de 140.000 sites web mettant à la disposition des internautes un catalogue de 70 millions d'images (dont 1,6 millions disponibles en ligne).
Ajoutons que Getty Images a rabaissé ses projections de 133 à 124 millions de dollars en matière de chiffre d'affaires pour le premier trimestre, du fait de la réduction des dépenses marketing et de publicité de ses clients.
Pour faire face au défi technologique de la maîtrise d'accès aux images, deux écoles s'affrontent. D'un côté, l'école classique, qui prône la technique du classement informatique. De l'autre, l'école moderne, qui propose d'intégrer l'intelligence à la recherche
Le principe de fonctionnement des "classiques" est simple : il consiste à associer des mots-clefs à des objets. L'efficacité de la recherche réside dans l'intelligence du référencement des objets qui passe notamment par une construction astucieuse des thesaurus et des légendes correctement agencées...
Chez les "modernes", en revanche, il n'y a ni indexation, ni légendes : on stocke. Ce n'est qu'ensuite que le moteur analysera et confrontera la demande à l'offre disponible. L'expression d'intelligence artificielle trouve donc ici toute sa signification. Encore trop peu concluante, cette technique oblige le moteur à reconnaître certaines formes basiques. Mais ses capacités réelles en matière de reconnaissance formelle sont encore limitées.
De surcroît, la technique est chère et quasi-inopérante en photojournalisme, les scènes apparaissant étant complexes et subjectives. Néanmoins, on arrive déjà à repérer des images à caractère pornographique diffusées auprès des gros portails.
Si personne n'échappe à la déferlante internet, tout le monde devra tôt ou tard changer sa méthode de travail pour rester "in" dans sa présentation. Même les agences les plus prestigieuses comme Magnum ont ouvert leurs portes, faisant ainsi découvrir des portraits de photographes de renom : Capa, Cartier-Bresson, Depardon... L'agence met également en libre consultation un échantillon de ses archives.
Mais ces nouvelles possibilités ne doivent pas faire oublier que, stratégiquement, le pari consiste à associer la richesse des fonds photographiques à des outils de recherche optimums. "Le contenu et le moyen de recherche du contenu sont intrinsèquement liés", rappelle Olivier Jacquin.
Aller de l'avant, un impératif de survie
Dans cette optique d'association virtuelle entre contenu et moyen de recherche, Global Photo numérise pour sa part tous ses originaux. L'opération consiste à transformer des signaux digitaux en signaux numériques, ce qui revient à transformer une version papier en données compréhensibles par l'ordinateur, afin de permettre les retouches.
L'agence de presse protège aussi archives et images, en vue d'une diffusion internet sécurisée s'appuyant sur DATAMARK. Cinq niveaux de protection garantissent ici la sécurité des images : on les "marque" par impression d'un logo, de manière à les rendre inutilisables aux hackers.
Global Photo fournit également l'infrastructure nécessaire à la création de sites, en permettant aux sociétés de créer leur site en bénéficiant du savoir-faire de l'entreprise. Autre originalité propre à Global Photo : le portfolio, qui réuni les oeuvres de plusieurs photographes, en vue d'une promotion auprès des responsables photo de la presse, des médias et des agences de "pub".
Un point commun à tous les sites photo on-line : l'hébergement. Les archives sont toujours stockées sous forme de bases de données iconographiques avec accès privé et autonome (mot de passe et un code identifiant). Autre point commun : à l'instar des autres sites web, tous sont hébergés auprès de serveurs (ordinateurs surboostés recevant les données d'ordinateurs pour diffuser des "infos").
"Dans cette course contre la montre, les banques virtuelles qui disposent du plus grand stock d'images qui sont les mieux armées", observe Olivier Jacquin. Tour à tour foisonnant et épuré, le design des sites reflète les modes qui déferlent sur le web.
Chez Corbis, on associe ligne graphique dépouillée et rapidité du téléchargement. Ne cherchez pas de tendances sur Stockmarket, Corbis a racheté l'entreprise. Idem pour Sigma, banque allemande acquise en 1995 par Bill Gates (Corbis).
La firme germanique possédait quelques-uns des fleurons de la photo d'art : Einstein tirant la langue, John-John Kennedy au garde-à-vous devant le cercueil de son père, le pont aérien de Berlin... En tout, dix-sept millions de clichés qui pèsent lourd dans la mémoire collective du XXème siècle.
L'approche des outils informatiques mis à la disposition des utilisateurs doit être envisagée dans un souci de lisibilité et de compréhension. Cela permet d'éviter les scénarios où le visiteur se perd dans les méandres du web.
D'ailleurs, l'utilisateur supporte mal les sites rédigés en langue étrangère qui arborent une multitude de menus. Les nombreux clics nécessaires avant d'entrevoir l'ébauche d'une réponse représentent aussi un facteur d'insatisfaction. L'utilisateur ne doit pas avoir à réfléchir, c'est à nous d'anticiper sa demande.
On privilégie là une approche sobre : simple affichage d'une zone de saisie blanche que l'utilisateur remplit. Une réponse instantanée relativement large lui sera alors proposée. Ce n'est que dans un second temps qu'on invitera l'utilisateur à affiner sa demande à l'aide d'une fiche à choix multiples.
On l'aura compris, la présentation des sites est déterminante. Policée chez Sipa avec un soupçon de look world new-age, elle permet une navigation aisée dans des photos d'archives remontant à plus de trente ans. Celles-ci sont inventoriées dans les rubriques Sipa Image, Sipa Icono, Sipa Médical et Siap Online. On appréciera la possibilité peu courante d'acquérir des collections photographiques étalées dans le temps.
La problématique de la recherche d'information sur ces banques d'images réside donc dans notre capacité à comprendre la recherche de l'utilisateur. "Il veut du rapide et du concis, pas du remplissage stérile de pages dynamiques complexes". Cela oblige à réussir le ciblage de la demande. Dans cette course contre la montre, tout l'enjeu est de proposer au client un produit final se rapprochant au maximum de ses désirs. Avant les concurrents.
Nicolas JACQUIN / Global Photo
lundi 25 juin 2001
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Pour approfondir cet article vous pouvez consulter l'article Trajectoire intitulé "Libre de droits"

 


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