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Avis d'expert
Le paiement en ligne
 
 
 
Conseils de Vincent Cordonnier,
professeur en monétique et sécurité en DESS
(Université de Lille1)

expert

Selon une étude du CREDOC réalisée à la fin de l'année 2001, si 3 millions de personnes déclarent avoir effectué des achats en ligne, environ un français sur deux (49%) reste inquiet face aux difficultés liées à la sécurité des paiements.

Comment expliquez-vous les réticences des français à effectuer des paiements en ligne ?
Tout d'abord, il faut rappeler que tout le monde n'a pas accès à Internet. La fraction de la population pour qui la pratique de l'ordinateur est courante, considère l'acte d'achat sur Internet comme normal. Je ne pense pas que les réticences face au paiement en ligne proviennent seulement d'un problème de sécurité.
La difficulté d'acheter sans voir ou sans toucher le produit représente déjà une raison importante de ce phénomène. Acheter un livre ou un cd rom ne pose pas de problème car ces produits s'achètent pour leur contenu et pas pour leur contenant. Par contre, l'achat de chaussures, par exemple, s'accompagne du légitime besoin d'essayer.
De plus, la vente par correspondance, rebaptisée vente à distance, ne progresse plus autant qu'avant, et cela en raison d'une plus grande mobilité des acheteurs et d'une plus grande proximité des vendeurs : les grandes surfaces drainent la moitié du marché.
Quels sont les problèmes de sécurités liés au paiement en ligne ?
Le paiement en ligne nécessite avant tout une carte de crédit. Faute de lecteur, la carte ne se lit pas à distance. C'est donc en donnant oralement, ou sur un clavier, le numéro figurant sur sa carte que l'utilisateur s'authentifie auprès du vendeur. Cette image de la carte permet alors le paiement. La sécurité se trouve en péril dans trois types de situations.
Le numéro peut être recopié lors d'un paiement en ligne. Par inattention du propriétaire, quelqu'un peut également recopier le numéro. Enfin, on peut oublier le ticket dans un distributeur. Celui-ci contient toutes les informations d'authentification. Le numéro rendu public, les risques de fraudes sont réels. Les vendeurs estiment qu'une part de la sécurité tient à l'adresse de livraison qu'il est difficile de falsifier.
Quelles solutions pourraient améliorer cette situation ?
La première solution envisagée réside dans le lecteur de carte connecté à l'ordinateur. Cependant, le paiement à distance nécessite deux processus successifs.
Il s'agit tout d'abord de se faire reconnaître par sa carte comme son propriétaire. C'est le rôle du code PIN mais celui-ci fait l'objet de nombreuses critiques tant pour la sécurité que pour le confort d'utilisation.
Il existe plusieurs techniques comme la biométrie (reconnaissance de l'utilisateur par ce qu'il a d'unique : ses empreintes digitales, l'iris de son oeil...) la carte compare alors les informations qu'elle possède et celles qui lui sont fournies par l'utilisateur.
Ensuite la carte doit se faire reconnaître par le réseau en tant que carte habilité : il s'agit de l'authentification. Cette opération doit être symétrique car l'acheteur peut aussi suspecter un faux vendeur.
On fait alors appel à un tiers de confiance qui se porte garant vis-à-vis des deux partenaires en leur délivrant un certificat unique pour la transaction. La signature électronique, utilisée en cas de litige, ne constitue pas vraiment une sécurité sans faille.
La mise en oeuvre du Wap et de l'UMTS me pousse à croire que le futur de la vente à distance réside dans le téléphone portable. Associé à la carte SIM, la carte de crédit sur le portable permettra d'effectuer des achats n'importe où et n'importe quand. De plus, le GSM ne véhicule pas de discrimination sociale mais plutôt générationnelle.
Propos recueillis par Delphine Renard
jeudi 11 avril 2002
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