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Cas pratique
Salaires : l'inspection s'impose
 
   

Les dessous de la Nouvelle Economie ne sont pas toujours roses : alors que la masse de travail qu'elle génère ne cesse de s'accroître, les salaires distribués par les start-up restent le point noir de ces entreprises new-age. Etat des lieux.
"Affirmer que les salariés des start-up issues d'Internet sont mal payés n'est pas recevable : tout dépend du stade de développement de l'entreprise", lance Lionel Danner, sûr de lui. Le juriste en droit du travail, spécialiste en ressources humaines, concède néanmoins : "les salaires des jeunes pousses sont bas, c'est clair. D'ailleurs, les salariés sont souvent payés au SMIC. Cela fait partie du jeu. Les équipes le comprennent, elles se défoncent sans compter. La plupart des start-up en phase de décollage ne disposent que de peu d'argent : impossible alors d'offrir de gros salaires. En revanche, les salariés ont de plus en plus tendance à être dotés de stock-options".
Tout cela ne signifie pas que les dirigeants vivent forcément beaucoup mieux que leurs employés : on ne compte plus ceux qui empruntent sans se verser de salaire avant le premier tour de table. "De toutes façons, les incubateurs augmentent généralement leur rémunération. Au sein des start-up plus mûres, l'inflation des salaires de certaines professions informatiques se tasse depuis quelques mois. A l'opposé, les sacrifices consentis par les professions moins qualifiées tendent à disparaître", précise le juriste.
Selon la presse économique, l'engouement des salariés pour les start-up aurait tendance à s'amenuiser. Webmasters, développeurs, informaticiens et ingénieurs réseaux se survaloriseraient même, n'hésitant pas à quitter l'entreprise qui les a fraîchement embauchés, sans pour autant disposer d'un meilleur salaire ailleurs.
Dans ce contexte, beaucoup de jeunes entreprises revoient leur mode de rémunération. Le package salaire/intéressement évolue. En matière de négociations salariales, les discussions ayant gagné en technicité, il convient de connaître certaines ficelles qu'Anne Rovan a recensé dans son enquête "Embauche : les mots justes pour parler salaire".
La spécialiste conseille tout d'abord d'évaluer la rémunération actuelle : "savoir combien on gagne aujourd'hui est le meilleur moyen de négocier ce qu'on gagnera demain". L'opération est plus délicate qu'elle n'y paraît : il faut estimer l'ensemble des avantages et pas seulement le montant net. Apprécier une rémunération à sa juste valeur ne se fait pas sans une étude approfondie des salaires ayant cours sur le marché du travail, qui feront office de références.
Selon Anne Rovan, les salaires plus élevés sont négociés dans le domaine du conseil, de l'informatique et des télécommunications. La marge de progression dépend quant à elle du niveau de salaire actuel (inférieur à 100.000 euros bruts par an, l'augmentation peut avoisiner les 30%).
"En tant que responsable des Ressources Humaines, je n'apprécierai pas un candidat pour qui l'argent constitue l'unique motivation", remarque Lionel Danner. A l'inverse, "l'impression d'inconsistance dégagée par les candidats baissant rapidement leurs prétentions salariales est également désagréable. En plus, d'être suspecte."
Nicolas JACQUIN / GlobalPhoto
mercredi 19 décembre 2001
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